Hors sentiers battus au Chili

La blogueuse invitée, naturaliste et reine du tourisme durable, Kim Mathieu, raconte son expérience avec les projets de tourisme durable et hébergements locaux en Chili!

Comme la plupart des backpackers, mon style de voyage habituel est de trouver l’auberge jeunesse la moins chère et de la réserver quelques heures avant de m’y rendre. Le mois dernier, on m’a littéralement mis au défi d’essayer un nouveau mode de voyage. Cette fois, j’allais passer un mois en solo au Chile, j’allais parler avec les propriétaires des hébergements (je sais, wow!) et je n’allais visiter que des hébergements ruraux, familiaux et qui participent au développement d’un tourisme durable dans leur région. En route, j’allais prendre des notes en utilisant un formulaire de style checklist pour évaluer ces hébergements et potentiellement les mettre sur une plateforme web, Vaolo.com, qui fait la promotion du tourisme durable et hors sentiers battus. Mon budget était à peu près le même que pour mes voyages habituels.

Les habitants locaux et moi devant une « Ruka », maison traditionnelle Mapuche faite entièrement de matériaux naturels tel que de la paille et de la terre.

Je savais que mon voyage allait être une exploration beaucoup plus culturelle qu’à l’habitude, mais je ne m’attendais vraiment pas à remettre en question toutes mes croyances sur le développement durable et l’écoresponsabilité. À chaque jour, j’écoutais les histoires des familles chez qui je logeais. L’époux de Lucia a perdu son travail car il n’y a plus de poissons dans la baie. Erika et sa famille peuvent passer des jours sans eau courante dans leur maison à cause des grandes sècheresses. Arturo voit son glacier préféré, perché dans la montagne en arrière de sa maison, se détériorer à chaque année et il a peur qu’un jour il n’y ait plus d’eau dans la rivière. Ce voyage m’a donné le temps d’écouter et de comprendre ce qui se passe dans le monde.

Arturo, qui comtemple la vallée derrière sa maison en me partageant ses impressions sur l’état des glaciers locaux.

Plusieurs de ces familles ont développé des projets de tourisme durable pour se créer une industrie qui met de l’avant leurs cultures authentiques et qui ne détériore pas l’environnement.

C’est alors là qu’entrent en compte toutes ces certifications et cette checklist de tourisme durable. Au début de mon exploration, je la prenais vraiment au sérieux. Panneaux solaires? CHECK! Hors sentiers-battus? CHECK! Réinvestissement dans les projets de développement local? CHECK CHECK CHECK! « Wow, c’est tellement durable ça! », je me disais.

Je comprends l’importance des formulaires et d’utiliser un system standardisé pour l’évaluation des hébergements, mais j’ai rapidement appris que la durabilité du tourisme et des hébergements dépasse l’évaluation en mode checklist.

Si tous les habitants d’une région ont des panneaux solaires, l’hébergement est-il considéré écolo si lui aussi en a?

Je crois fortement que de répondre aux enjeux locaux et d’en faire plus que sa communauté fait en sorte qu’un hébergement peut être durable. Il faut avoir cette mentalité de vouloir inspirer et de montrer l’exemple d’un « nouveau normal » à chaque jour, de parler de ses projets, d’ouvrir ses portes aux gens curieux et de démontrer que le changement est possible. Pour ça, il faut comprendre les enjeux locaux et agir.

Pablo qui me présente fièrement le projet de reforestation des espèces natives en cours, subventionné en partie par les revenus de l’association locale de tourisme rural.

Si l’électricité locale est produite par une centrale au charbon et que l’hébergement en question est le seul qui se déconnecte du système et qui crée sa propre énergie avec des panneaux solaires, alors là, moi je suis impressionnée.

Cette exploration m’a fait réaliser que si j’avais à évaluer mon propre mode de vie en utilisant cette fameuse checklist, je ne m’impressionnerais pas du tout. Est-ce que je comprends mes enjeux locaux et est-ce que je les adresse dans mon mode de vie quotidien? Non. Suis-je donc hypocrite d’aller « évaluer » ces hébergements au Chile? Oui. Mais, pour changer ses propres attitudes et son mode de vie, il faut commencer par s’évaluer soi-même et voir ses faiblesses. C’est clair que je n’ai pas encore été assez critique de moi-même. Mon rôle, c’est de vous inviter à le faire avec moi.

J’ai trouvé notre résolution collective 2019 : on se passe à la checklist.

Let’s go pour le défi #checklistmavie !

Je vous invite tous à publier sur les médias sociaux à propos d’un enjeu local de chez vous et d’une nouvelle action que vous prenez pour l’adresser dans votre mode de vie quotidien. Utilisez le mot-clic #checklistmavie et identifiez @VillageMonde/Vaolo (facebook) @vaolo (instagram).

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